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Il est
très difficile de déterminer la date exacte de la découverte de la soie,
mais son utilisation remonte à 4 500 ans environ. La légende veut que ce
soit une princesse chinoise du nom de Xi Linshi qui la première aurait
dévidé un fil de soie à partir d’un cocon tombé dans sa tasse de thé. Ce
dont on est certain c’est que les Chinois, grâce à une observation et une
recherche minutieuses, ont réussi à domestiquer le ver à soie,
Bombyx mori,
à partir d’un ver sauvage.
Les Chinois ont gardé le
secret de la production de la soie si jalousement qu’ils menaçaient de
mort quiconque l’aurait dévoilé. Ce n’est que quelque 3.000 ans plus tard
que Byzance a appris le secret et la soie a commencé à pénétrer
l’Occident.
Dès le XIIème siècle av. J-C,
la soie était mentionnée dans certains des plus anciens textes rédigés en
chinois. La soie était produite en de telles quantités qu’elle coûtait
moins cher que le chanvre et son utilisation n’était plus limitée qu’aux
seuls habits : les cordes d’archer, les fils à pêche, la garniture de
couettes, des récipients étanches pour le transport de l’eau étaient
d’autres domaines d’application. C’est dans le domaine des vêtements de
luxe que la soie a trouvé ses premières utilisations en Occident et
jusqu’à ce jour la soie a toujours porté cette image de luxe. Les
anciennes routes de la soie qu’empruntaient les longues caravanes étaient
le vecteur de la pénétration de la soie en Occident, bien avant que la
sériciculture (la production de soie) ne fût introduite dans le sillage
des conquêtes arabes au Moyen-Orient, en Afrique du nord et en Espagne.
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A partir
de ce moment-là, le monopole chinois de la production de la soie s'est
progressivement effrité au fur et à mesure que d'autres pays devenaient de
plus en plus autosuffisants en matière première, tandis que la Chine
était déchirée par des guerres internes qui désorganisaient sa production.
Dès la fin du XIXème siècle,
le Japon, qui avait réalisé d'énormes progrès dans la maîtrise des
maladies du ver à soie, la sériciculture et le contrôle de qualité,
commençait déjà à exporter des quantités considérables de soie grège en
Europe et aux Etats-Unis, alors même que la Chine entrait dans la période
la plus troublée de son histoire récente. Le lent mais inéluctable déclin
de la sériciculture occidentale a renforcé la domination japonaise et en
1923 Yokohama devenait le plus grand entrepôt de soie au monde.
La situation d'aujourd'hui est
très différente. La rapidité de l'industrialisation japonaise est allée de
pair avec le déclin de sa sériciculture. Dans les années suivant la
révolution communiste, la Chine a déployé des efforts considérables pour
rattraper son retard à tel point qu'à l'heure actuelle (2003) sa
production de soie grège dépasse 70% de la production mondiale. Cette
production ne représente guère plus de 0,18% de l'ensemble des fibres
textiles produites dans le monde, ce qui explique la rareté et la valeur
de la soie, indépendamment de ses qualités intrinsèques.
Dans un certain sens la boucle
est fermée, car le premier pays producteur est redevenu le principal pays
producteur, non seulement de matière première mais également de tissus,
vêtements et accessoires. |